Le THON ROUGE DE LIGNE en méditerranée française : une pêcherie artisanale d'excellence


navigate_before Retour aux actualités

Le thon rouge (Thunnus thynnus

Le thon rouge (Thunnus thynnus) est l'une des espèces les plus emblématiques de la Méditerranée. Exploité depuis l'Antiquité (4 000 av. J.-C.), il fait aujourd'hui l'objet d'une gestion internationale rigoureuse sous l'égide de l'ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l'Atlantique), dont les mesures ont permis la reconstitution spectaculaire du stock au cours des quinze dernières années.

Deux grandes pÊcheries en MÉditerranÉe française

La pêche professionnelle du thon rouge en Méditerranée française repose aujourd'hui sur deux grandes catégories de flottilles :

  • Les thoniers senneurs (22 au total en Méditerranée française), utilisant la senne tournante coulissante pour capturer les bancs de thons ;
  • Les navires pratiquant la pêche à l'hameçon (canne, ligne et palangre), qui ciblent individuellement les poissons destinés principalement au marché du frais

Ces deux métiers sont complémentaires et contribuent ensemble à la valorisation du thon rouge français.

De la thonaille À la pÊche À l'hameçon

Jusqu'au début des années 2000, une grande partie du thon rouge frais débarqué par les petits métiers méditerranéens était capturée à l'aide de la « thonaille », un filet maillant dérivant traditionnel spécifique à la Méditerranée. À la suite de l'interdiction européenne des filets dérivants, cette technique a progressivement disparu entre 2002 et 2007.

La disparition de la thonaille, combinée à la mise en œuvre du plan international de reconstitution du stock de thon rouge en 2007, a conduit les pêcheurs méditerranéens à développer de nouvelles techniques de capture à l'hameçon.

Quelques navires pratiquaient déjà historiquement la pêche à la canne et à la ligne selon la technique dite du « broumé », consistant à attirer les thons par un amorçage à base de sardines avant de les capturer individuellement. À partir de 2007, cette pratique s'est fortement développée, tandis que la pêche à la palangre ciblant le thon rouge s'est progressivement structurée à partir de 2009.

Cette évolution a permis l'émergence d'une véritable filière artisanale spécialisée dans la production de thon rouge frais de haute qualité.

Un thon rouge destinÉ au marchÉ du frais

Contrairement à une partie des captures destinées à l'engraissement ou à l'exportation, le thon rouge pêché à l'hameçon en Méditerranée française est essentiellement destiné au marché du frais.

Après débarquement, il est transformé en longes, darnes ou portions et commercialisé auprès des poissonniers, restaurateurs et consommateurs français.

Historiquement, la pêcherie artisanale de thon rouge à l'hameçon se déroulait principalement dans le golfe du Lion et en Provence ainsi qu’en Corse. Les captures débutaient généralement à la fin de l'hiver, entre février et mars, et se poursuivaient jusqu'à l'épuisement des quotas souvent en fin d'année. Les poissons capturés étaient majoritairement des thons âgés d'environ quatre ans, présentant un poids relativement homogène compris entre 25 et 40 kg, avec une moyenne particulièrement stable autour de 30 kg. Cette catégorie de poissons est particulièrement appréciée pour la qualité de sa chair, son rendement et sa régularité.

Depuis plus de six ans, l'organisation de la flottille a toutefois évolué. Une partie des navires les plus importants, principalement des unités de plus de 15 mètres autorisées à opérer au large, concentre désormais une part importante de son activité autour des îles Baléares en juin. À cette période, les thons rouges s'y regroupent en grand nombre, permettant des campagnes de pêche particulièrement efficaces. Aujourd'hui, plus de 50 % du quota de la pêcherie artisanale de Méditerranée française est capturé en moins de 5 semaines sur cette zone. Le reste des captures est réalisé tout au long de l'année, principalement par les canneurs-ligneurs opérant dans le golfe du Lion et sur l'ensemble du littoral méditerranéen français.

Cette évolution a conduit à une forme de spécialisation des métiers au sein de la flottille. Les navires les plus hauturiers ciblent les grands thons présents autour des Baléares, tandis que les canneurs-ligneurs exploitent tout au long de l'année les poissons plus côtiers. Les captures réalisées aux Baléares peuvent concerner des spécimens exceptionnels dépassant régulièrement 300 kg, et parfois même 400 kg. La capture de tels poissons à l'hameçon constitue un véritable défi technique et physique, illustrant tout le savoir-faire des pêcheurs artisans méditerranéens.

Aujourd'hui, le thon rouge de ligne de Méditerranée française constitue l'un des meilleurs exemples de la capacité des pêcheurs artisans à concilier préservation de la ressource, excellence du produit et création de valeur pour les territoires littoraux.

Retour en haut de la page